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CD 3
Vous appuyez sur le bouton de votre lecteur de CD ou de
MP3, et votre enfant de 5 à 12 ans reste sage pendant des heures.
Les histoires racontées sont
indispensable pour son développement:
- parce qu'elles nourrissent son imaginaire, ses facultés
de visualisation
- parce qu'elle orientent positivement sa pensée dès
son plus jeune âge
- parce qu'elles ouvrent son coeur - et le vôtre si vous les
écoutez - et libèrent ses émotions
C'est l'occasion de partager avec lui une expérience, de
créer de l'intimité. C'est la possibilité d'inviter
d'autres amis à les écouter avec lui.
Histoires et Contes dits par Christian Godefroy
Ce sont des CD audio ou MP3 de plus d'une heure chacun, qui contiennent
2 histoires.
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Extrait du premier conte :
Brioches sans chapeaux
Le royaume qui appartenait à ce
roi et cette reine s'étendait sur près de la moitié
du monde. C'était "le royaume de l'argent".
Le roi et la reine aimaient les enfants.
C'est sans doute pour cela que le roi offrait chaque année
une petite fille à sa reine. Elle en était ravie. Il
y en avait déjà 7, elles se ressemblaient toutes, aussi
jolies, aussi gentilles. Et puisqu'elles se ressemblaient tant, joues
roses, cheveux blonds bouclés, petites lèvres roses
et sourires accueillants, ce n'était pas la peine de faire
des différences.
...
Et bien non, tout le monde se trompait.
Les princesses ne demandaient jamais rien puisqu'il était entendu
qu'elles avaient tout, et quant à faire leur 100 volontés,
oh la la, certainement pas !
Le roi et la reine tenaient tant à
ce que les princesses fussent élevées comme des princesses,
c'est à dire au mieux, qu'ils avaient engagé une gouvernante
par princesse. C'était la gouvernante de princesse 1ère
qui gouvernait les autres et je vous garantis qu'elle n'était
pas tendre. Un mauvais pli sur une robe, une mèche folle dans
les boucles, et la gouvernante-chef distribuait les punitions, des
« sanctions » comme elle disait.
Les princesses n'avaient même pas
le droit de se parler quand elles voulaient ni de se promener bras
dessus bras dessous en récréation, comme lorsqu'on a
des secrets à se dire.
...
Le roi ne se doutait pas lui du mécontentement
de ses filles. Il disait à la reine :
"Chère amie, nous pouvons
être satisfaits, les gouvernantes sont bien choisies, et nos
enfants parfaitement éduqués."
"Oui, oui, disait la reine, je suis
d'accord puisque cela vous plaît."
"On dirait que quelque chose ne
vous plaît pas. À quoi pensez-vous ?"
"Laissons faire le temps, disait
la reine, c'est très difficile d'être un roi et une reine,
mais ce n'est pas commode non plus d'être des princesses."
..
"Je vous prierais madame, d'expliquer
cela à nos enfants et de leur demander quelles sacrifices elles
auront choisi."
"Comptez sur moi Majesté,
je m'y connais en psychologie. Le nécessaire sera fait."
La gouvernante-chef régnait à
la fois sur les enfants et sur les autres gouvernantes. Elle était
si imbue de son autorité qu'elle devenait plus impérative
que le roi lui-même. Les autres gouvernantes obéissaient
docilement car elles redoutaient par-dessus tout de perdre leur place,
pensez... "une place au palais".
La gouvernante-chef n'était pas
belle. Bien sûr, la beauté n'est pas automatiquement
distribuée à tout le monde mais, on peut ne pas être
belle et rattraper cela par une expression gentille. La gouvernante-chef
ne savait pas ce que signifiait ce mot. Elle ne tenait pas à
le savoir.
...
Dans la semaine, les princesses avaient
droit le matin à des tranches de pains grillés avec
du beurre et une tasse de thé au lait ou au citron, tandis
que le dimanche, c'était de grands bols de chocolat épais
et moelleux. Les grands bols avaient été spécialement
achetés par la reine qui savait ses petites filles gourmandes
de bons chocolats.
Et, tenez-vous bien, sur la table il
y avait non pas du pain grillé mais des pyramides de brioches
aux beurres. De ces brioches qui ont un chapeau rond, on ne sait pas
pourquoi c'est le chapeau qui est le meilleur. Peut-être parce
qu'on le mange en premier, qu'il annonce le reste. Les princesses
étaient folles de ces chapeaux. Elles étendaient déjà
la main vers les plateaux de brioches, lorsque retentit la voix rapeuse
de la gouvernante-chef :
"Altesses, vous avez entendu parler
du décret du roi, votre père, il a publié que
chaque personne habitant son royaume, et vous êtes parmi les
premières, se devaient de faire un sacrifice en vue d'un don
pour les enfants qui ont faim de l'autre côté du monde."
...
"Altesses, toutes autant que vous
êtes, vous donnerez les chapeaux de vos brioches."
"Ah non, pas ça, pas ça,
crièrent les petites filles toutes ensemble. Nous laisserons
la moitié des brioches mais pas les chapeaux. Les chapeaux,
c'est notre plaisir du dimanche."
...
Extrait du deuxième conte
La maman qui diminue
Gaston et Angélique étaient
frère et sœur. Gaston avait 10 ans, Angélique 8
ans. Leur père était mort à la guerre et ils
vivaient seuls avec leur maman. Pour eux, leur maman c'était
tout au monde, ils trouvaient qu'elle était la plus belle,
la plus intelligente, la meilleure. Ils avaient peu d'ami et ne tenaient
pas à en avoir davantage. Être avec leur maman leur suffisait
à tout.
Cette maman idéale s'appelait
Nanette. Et souvent, ses enfants l'appelaient ainsi car ce nom lui
allait bien. Elle aussi, quand ses enfants étaient là,
n'avait besoin de rien ni de personne d'autre.
...
Nanette se levait à 6 heures le
matin car les enfants devaient se lever à 7. Elle leur préparait
le meilleur petit déjeuner qu'elle put imaginer. Il y avait
toujours une surprise qu'on n'attendait pas. Puis elle descendait
sortir l'auto pour les amener à l'école.
"Tu sais maman, on pourra peut-être
un jour essayer d'y aller à pied à l'école, ça
n'est pas si loin."
...
"Ça te plaît de nous
abandonner ?"
"Vous abandonner Gaston, mais tu
es fou ? Je pars seulement pour ce week-end. Vous devriez être
contents pour moi."
Nanette chantait et était toute
joyeuse. Ses enfants ne l'avaient jamais vue ainsi.
"Si tu savais ce qu'elle m'agace,
dit Gaston, et puis arrive ainsi toute la journée, ça
lui donne l'air bête."
"Oh non, Gaston, c'est méchant
de dire ça. Maman n'a jamais l'air bête. Mais ce qui
me fait de la peine à moi c'est qu'elle semble si contente
de nous quitter. Elle ne nous avait jamais quitté jusqu'à
présent."
"Il faut bien que les chagrins commencent
un jour, dit Gaston tristement. Ah, puis non non non et non. Elle
ne partira pas."
...
"Décidément, dit Nanette,
ce week-end ne s'annonce pas sous de bons hospices, je me demande
si je pourrai vraiment y aller."
"Ça alors, dit Cathy, rouge
de colère, je te garantis bien que tu y iras. Tu sais je t'ai
portée sur mon dos."
"Et s'ils ont quelque chose de grave
?"
"Je te téléphonerai
demain soir, promis."
...
"Ils refusaient de manger aussi.
Une soi-disant grève de la faim parce que tu étais partie.
Mais rassure-toi, ils connaissent le chemin de la cuisine et se sont
rattrapés quand je ne les voyais pas. Il ne restait plus un
morceau de pain, ni un fruit, ni un biscuit."
"Mes chéris, dit Nanette,
en serrant Gaston et Angélique dans ses bras, pourquoi avez-vous
fait ça ?"
"Parce que tu nous manquais trop
maman chérie. Tu ne dois plus jamais t'en aller sans nous.
Tu t'es amusée avec Paul ?"
Nanette se mit à rire :
"Ah, voilà ce qui vous préoccupait.
Oui je me suis bien amusée et Paul a trouvé mes robes
très jolies. Je lui ai beaucoup parlé de vous. Il a
très envie de vous connaître."
"Nous pas", grogna Gaston.
...
"Écoute-moi bien Angélique,
dit Gaston, j'y ai pensé toute la nuit, tu vas pouvoir m'aider.
Il ne faut pas que Paul entre ici, sans quoi, on n'arrivera plus à
l'en faire sortir."
"Qu'est-ce tu veux que je fasse
?"
"Maman a dit que Paul va téléphoner
tout à l'heure pour confirmer sa visite de ce soir. Je ne m'éloignerai
pas du téléphone et c'est moi qui répondrai.
Arrange-toi pour que maman ne s'en occupe pas."
...
"D'abord je ne suis pas votre petit
Gaston et je ne le serai jamais sûrement à mon avis.
Et bien, j'aime mieux vous dire tout de suite que, si c'est pour être
en retard, il vaudra mieux que vous ne veniez pas ce soir. Maman dit
qu'elle est morte de fatigue et qu'elle n'a qu'une envie c'est de
se coucher tôt."
"Euh, voulez-vous m'appeler Nanette
s'il vous plaît ?"
"Un instant, j'y vais."
Gaston posa le téléphone
pour que Paul entendît le bruit et fit quelques pas qui sonnèrent
sur le plancher. Il revint 3 secondes plus tard :
"Allo, c'est Paul ? Maman est très
occupée, elle dit qu'elle ne peut pas se déranger maintenant."
"Lui avez-vous dit que c'était
moi qui l'appelait ?"
"Bien sûr que je lui ai dit."
"Et qu'est-ce qu'elle a répondu
?"
"Elle a dit : oh encore celui-là,
je ne pourrai donc jamais être tranquille."
Ceci dit, Gaston raccrocha tout de suite.
Il ne pouvait pas voir son interlocuteur mais il avait l'impression
de lui avoir envoyé un coup de poing en pleine figure et il
n'en était pas très fier.
...
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